[article] | Titre : | Xénogreffes: considérations éthiques et philosophiques | | Type de document : | texte imprimé | | Auteurs : | Jean Julvez, Auteur | | Article en page(s) : | p. 149-157 | | Langues : | Français (fre) | in Journal International de Bioéthique > Vol.9 N°4 (Décembre 1998) . - p. 149-157| Mots-clés : | Xénogreffe "Ethique_médicale" "Essai_thérapeutique" "Animal_transgénique" "Maladie_transmissible" "Condition_animale" "Ethique_religieuse" "Pluralisme_culturel" Moratoire | | Résumé : | .
La xénogreffe, alternative possible à la relative pénurie d'organes humains, est encore du domaine de la recherche; depuis 1960, aucun essai chez l'homme n'a réellement été concluant. Au problème immunologique non résolu, à celui de la compatibilité physiologique se surajoute l'incertitude du risque de transmission virale.
L'acceptation sociale, culturelle et religieuse est la première étape à franchir. Elle concerne à la fois l'individu et le groupe social auquel il appartient. Les rares études menées sur ce sujet révèlent un problème psychologique chez les professionnels et dans la population.
La xénogreffe est une pratique assez ésotérique ce qui ne facilite pas sa compréhension et justifie une information large tant au niveau des indications que des risques infectieux pour le patient, le personnel et la collectivité. La gestion de ce risque devrait faire l'objet rapidement d'un consensus international.
Avec des différences et des ambiguïtés, l'utilisation d'animaux semble éthiquement admissible sous réserve de minimiser leur souffrance; la modification génique n'introduit pas de contrainte particulière.
L'usage des primates doit être réservé, dans le cadre de la recherche scientifique, à celui de receveur d'autres organes animaux. L'utilisation de primates comme donneurs d'organes ne semble pas être, d'un point de vue éthique, acceptable en l'état actuel des développements de la xénotransplantation.
L'intérêt de la xénotransplantationt.(1) pour satisfaire des besoins de santé est un argument important pour la pratique de cette activité; il ne pourra écarter le débat, car sa mise en œuvre suscitera des réactions passionnées, indignées.
La xénogreffe, activité d'avant-garde, aura besoin de sérénité pour se développer ce qui justifie l'ouverture d'un débat entre scientifiques d'une part, et entre les scientifiques et la société civile d'autre part.
En fait la préoccupation éthique ne concerne que l'Homme, dans une perspective presque uniquement scientifique; l'absence de débat philosophique est perceptible. A défaut, face à une position scientifique raisonnable, une position politique réaliste devra se déterminer. Dans une approche pragmatique, elle devra accepter probablement le risque tout en imposant qu'il soit rigoureusement géré.
(1) G. Binamé, «La xénotransplantation. Quand l'animal vient au secours de l'homme», Int. J. Bioeth., 1995, Vol. 6, n° 2, p. 117-118.
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[article] Xénogreffes: considérations éthiques et philosophiques [texte imprimé] / Jean Julvez, Auteur . - p. 149-157. Langues : Français ( fre) in Journal International de Bioéthique > Vol.9 N°4 (Décembre 1998) . - p. 149-157| Mots-clés : | Xénogreffe "Ethique_médicale" "Essai_thérapeutique" "Animal_transgénique" "Maladie_transmissible" "Condition_animale" "Ethique_religieuse" "Pluralisme_culturel" Moratoire | | Résumé : | .
La xénogreffe, alternative possible à la relative pénurie d'organes humains, est encore du domaine de la recherche; depuis 1960, aucun essai chez l'homme n'a réellement été concluant. Au problème immunologique non résolu, à celui de la compatibilité physiologique se surajoute l'incertitude du risque de transmission virale.
L'acceptation sociale, culturelle et religieuse est la première étape à franchir. Elle concerne à la fois l'individu et le groupe social auquel il appartient. Les rares études menées sur ce sujet révèlent un problème psychologique chez les professionnels et dans la population.
La xénogreffe est une pratique assez ésotérique ce qui ne facilite pas sa compréhension et justifie une information large tant au niveau des indications que des risques infectieux pour le patient, le personnel et la collectivité. La gestion de ce risque devrait faire l'objet rapidement d'un consensus international.
Avec des différences et des ambiguïtés, l'utilisation d'animaux semble éthiquement admissible sous réserve de minimiser leur souffrance; la modification génique n'introduit pas de contrainte particulière.
L'usage des primates doit être réservé, dans le cadre de la recherche scientifique, à celui de receveur d'autres organes animaux. L'utilisation de primates comme donneurs d'organes ne semble pas être, d'un point de vue éthique, acceptable en l'état actuel des développements de la xénotransplantation.
L'intérêt de la xénotransplantationt.(1) pour satisfaire des besoins de santé est un argument important pour la pratique de cette activité; il ne pourra écarter le débat, car sa mise en œuvre suscitera des réactions passionnées, indignées.
La xénogreffe, activité d'avant-garde, aura besoin de sérénité pour se développer ce qui justifie l'ouverture d'un débat entre scientifiques d'une part, et entre les scientifiques et la société civile d'autre part.
En fait la préoccupation éthique ne concerne que l'Homme, dans une perspective presque uniquement scientifique; l'absence de débat philosophique est perceptible. A défaut, face à une position scientifique raisonnable, une position politique réaliste devra se déterminer. Dans une approche pragmatique, elle devra accepter probablement le risque tout en imposant qu'il soit rigoureusement géré.
(1) G. Binamé, «La xénotransplantation. Quand l'animal vient au secours de l'homme», Int. J. Bioeth., 1995, Vol. 6, n° 2, p. 117-118.
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